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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 16:37
CONFIRMATION LE NOUVEAU CD AVEC LE SDERNIERES CHANSONS ENREGISTR2ES PAR CLAUDE FRANCOIS QUI DEVAIT SORTIR PENDANT L'éTé 1978 SORTIRA EN SEPTEMBRE 2008 ET SERA TéTéCHARGEABLE ,avec des chansons italiennes et en espagnole

Une intégrale téléchargeable


Son obstination va enfin permettre aux fans de toucher le Graal: en septembreparaîtral'intégralediscographique en studio de Claude François. Un coffret «trans-labels» de 30 CD en français, anglais, italien et espagnol, avec le disque des maquettes inédites d'Amoureux, le disque qu'il était censé enregistrerau cours de l'été 1978. Signe des temps, cette intégrale sera téléchargeable.

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 17:11

1975

1975

L'été des superstars

par Elisabeth Schemla, mis à jour le 30/10/2002 - publié le 25/08/1975

 

Deux chanteurs, deux seulement, connaissent chaque soir, dans les tournées de l'été, le triomphe absolu: Johnny Hallyday et Claude François. Un règne, pour l'un et pour l'autre, de plus de dix ans. Soir après soir, Elisabeth Schemla a regardé fonctionner ces étranges mécaniques...

 

Chaleur, sueur. Electrochocs lumineux, sonos hystériques, mecs et minettes électrisés. Poussière, fumée, odeurs fauves. Des milliers de kilomètres à 200 à l'heure, des nuits nerveuses et alcoolisées, des aubes déboussolées, des jours à volets clos. Et puis, chaque soir, une heure de triomphe. Absolu.

Une heure que Johnny Hallyday et Claude François sont seuls à connaître dans ces arènes, théâtres de verdure et chapiteaux qui deviennent, pendant les vacances, les temples du culte music-hallien. Les vedettes - Lama, Sardou, Vartan, Lenorman, Clerc - remplissent les salles et remportent des succès. Mais les deux stars, elles, déchaînent les passions et provoquent les bagarres. Deux blessés graves, dont un policier, à Thonon-les-Bains, en juillet, pour Johnny Hallyday; six blessés, trente jeunes gens interpellés à Marseille, quelques jours après, pour Claude François. Entre ces dieux - que tout oppose - et leurs fidèles - qui se haïssent - c'est l'amour fort. Insensible aux modes et aux tentations, Johnny règne sur les cœurs depuis seize ans, Clo-Clo depuis treize. Avec un art consommé.

Ce qu'ils ont chanté cet été

Claude François a fait hurler les foules avec ses trois super tubes, Le Mal-Aimé (1974), Le Téléphone pleure (1974) et, dernier en date, Le Chanteur malheureux. Quant à Johnny Hallyday, il a résolument plongé dans le réservoir des bons vieux rocks des années 60: Da Dou Ron Ron. Tutti Frutti. II a eu la grande habileté de ne pas interpréter en scène son tube de l'été 75, Lovely Lady (427 800 disques vendus à la date du 21 août).

Il est 18 ou 19 heures quand Claude François arrive devant l'école d'Hyères, baptisée pour la circonstance Théâtre aux Etoiles. Pour quelques instants encore, il offre ce visage souriant qu'affectionne la télévision. Mais, au moment précis où commence la répétition, le masque gentillet tombe. Le sourire disparaît, l'humour devient cruel, le chanteur laisse la place au «patron», irascible, maladivement exigeant, assoiffé de perfection. «Je déteste les artistes qui se moquent du public. Ou qui ont peur de l'affronter. En tournée, on ne triche pas. Les gens qui nous ont vus sur l'écran, qui nous écoutent à la radio, viennent à notre rencontre. II faut être à la hauteur.»

Moulé dans un jean et un tee-shirt qui paraissent tout droit sortis d'un grand couturier, nerveux, fébrile, Claude François - comment l'affubler alors du célèbre diminutif? - foule la scène, tâte les planches, prend possession de cet univers d'un soir dont il fera bientôt son univers. Il est impressionnant de connaissances techniques. Il fascine par son intransigeance: «Les répétitions ne sont pas un luxe mais une nécessité. Elles font partie du spectacle. Chaque soir, la disposition des gradins ou des chaises, la grandeur de la salle, la nature des matériaux employés - ciment, pierre de taille, plastique - changent les données de la représentation.»

Ne laissant rien au hasard, endossant toutes les responsabilités - «Je ne fais confiance à personne d'autre qu'à moi-même» - il vérifie l'emplacement des micros, règle l'éclairage et les sonos, reprend un musicien, change un tempo, descend dans la salle, peste: «Le son, putain, le son... C'est moi qu'on vient entendre, pas l'orchestre!», remonte sur scène, exécute un pas avec les Claudettes encore vêtues, ne se résout pas à partir. Les premiers spectateurs pénètrent dans l'enceinte, qu'il est encore là, homme-orchestre, dévoré par l'angoisse de l'échec et la volonté de réussite. Enfin, il entre en loge.

A ce moment-là seulement, Johnny Hallyday quitte, nonchalant, son hôtel. Personnage fait de décontraction, de détachement. Le jean et les bottes sont américains, la chemise est sportive, l'allure calme. On dirait qu'il s'en va faire des courses au magasin du coin, pas du tout qu'il est attendu, lui aussi, par des milliers de fans. Il reste silencieux, grillant gitane sur gitane, mordillant ses ongles. Lorsque Hallyday pénètre dans sa loge, la première partie du spectacle est déjà commencée. Avec lui, pas de répétitions. «Inutile. Je sais ce que j'ai à faire, et chaque soir je m'adapte au public, qui n'est jamais dans le même état d'esprit.» Cette improvisation pourrait passer pour de l'indifférence. C'est faux. Hallyday fait confiance à son instinct. En attendant de monter sur scène, il va et vient, plaisante avec les copains ou, prostré sur une chaise, le regard vague, se repose et, sans doute, se concentre.

Autour de lui, très peu d'objets: le costume de scène, une mallette contenant quelques produits de toilette, une laque pour les cheveux, un crayon et un fard à yeux. Il se prépare en quelques minutes. Le scénario, car c'en est un aussi, exalte ses adorateurs. En arrivant à la dernière minute - ils connaissent sa voiture et la repèrent de loin - il les bluffe et les chauffe. Cette facilité dans le travail, dévoilée avec modestie, force leur admiration. Avec talent et naturel, on pourrait presque dire: malgré lui, Hallyday démythifie l'artiste pour mieux entretenir le mythe.

A l'inverse, Claude François perpétue la tradition de la superstar. II y emploie des dons innés. Sur l'autel - la table de maquillage - sont dressés les laques, fards, ampoules, déodorants, collyres, parfums, huiles, peignes, inhalateurs qui vont permettre les mutations successives: «Il ne doit rien y avoir de commun entre l'homme que je suis dans la vie et l'artiste qui s'exhibe sur scène. Le public a besoin de rêve. Et le rêve débute avec l'apparence physique.» Cheveux soyeux, yeux maquillés, cils recourbés, ombres et lumières sur le visage parfaitement rasé. Préparation minutieuse, minutée, qui s'achève par quelques mouvements de gymnastique «pour augmenter le rythme cardiaque avant de danser. Autrement, je ne tiendrais pas le coup, l'effort serait trop violent.» Les gens se bousculent pour l'apercevoir dans sa loge. II fait intervenir ses gorilles: il ne veut pas être vu, pas avant l'heure H.

C'est l'entracte. Le public trempe déjà dans un bain d'hystérie collective, exaspéré par les premières parties insipides. Des policiers, gourdins à la ceinture et, parfois, chiens policiers en laisse, patrouillent et cherchent à canaliser la foule. Les nerfs et les muscles sont hypertendus. Des cris, le bruit des trépignements parviennent jusqu'aux loges. Souveraines, les idoles laissent monter l'excitation. Salves de sifflets, vagues de «Johnny, Johnny», «Clo-Clo, Clo-Clo» scandés à l'unisson.

Les fauves sont lâchés

Certains entractes durent une heure. Mais jamais une minute de trop. Avec un flair infaillible, les deux hommes sentent l'instant précis où la salle risque de basculer dans la colère. Cela aussi fait partie de la mise en scène. Johnny Hallyday avale de l'eau minérale, Claude François un whisky et des vitamines C. Dans un instant, les fauves seront lâchés. Les musiciens attaquent. Minutes interminables, soigneusement chronométrées.

Vêtu d'une longue cape argentée, Hallyday entre en scène posément, tandis que Claude François, costume argent et paillettes rouges, bondit sur les planches, aussitôt entouré des Claudettes, dénudées et scintillantes. Le premier chante du rock; le second, ces chansons populaires qui font les beaux jours des hit-parades. On aime ou on est allergique. Le public, lui, adore. Dès le premier quart d'heure, les barrières de protection devant la scène sont escaladées ou emportées. On se piétine, on se bouscule pour voir l'idole de plus près. Au fur et à mesure que la tension monte, les fans se font plus hardis.

Ils escaladent la rampe, se pendent au cou du chanteur, le griffent, l'écrasent, le mordent, l'embrassent à pleine bouche, essuient sa sueur qu'ils emportent, attendris, dans leurs paumes. Les gardes du corps font le coup de poing, traînent filles et garçons par les cheveux derrière la scène ou les rejettent dans la foule. Un grand écart de Claude François sous lumière psychédélique, et les filles se pâment. Un «waow» triomphant et charmeur de Hallyday, et les garçons s'égosillent.

Quand Clo-Clo entame Le Chanteur malheureux, des visages de tragédie grecque le supplient d'être heureux et des minettes en folie lui crient, bras tendus: «Je t'aime, oh! que je t'aime!» Quand Johnny s'approche du bord des planches, des mains s'agrippent à son pantalon, montent le long de ses cuisses et cherchent à le happer. Quelques mouvements de son bassin, la foule est en extase. Le torse nu de Clo-Clo, toréador victorieux, le peuple jouit.

Les idoles laissent faire, et les spectateurs se laissent manœuvrer par des mains de maîtres. La séduction va crescendo. Les deux hommes enchaînent chanson sur chanson, sans laisser aux fans le temps de respirer. Juste celui de hurler. Ils sont en sueur, leurs chemises collent à leurs torses. Ils sont beaux, sublimes, éternels. Le public, électrique, vibre, résonne, renvoie les ondes qui émanent de l'idole, ils s'aiment, ils font l'amour ensemble. Quand les dieux se retirent, il n'y a pas d'applaudissements. Mais une foule hagarde, qui a épuisé toutes ses ressources sensorielles en soixante minutes. Pour cette heure de bonheur rarissime, elle offrira, en retour, des années de fidélité.

Chaque soir, pendant cette tournée, Johnny Hallyday et Claude François confortent ainsi leurs adeptes et initient des néophytes. «Regarde la salle, dit Hallyday. Devant, il y a les 15, 20 ans. Mais, derrière, ils ont la trentaine, comme moi. Ils me suivent depuis ma première chanson.» Les anciennes minettes de Claude François laissent, elles aussi, les premières places aux jeunes, mais elles viennent avec leurs rejetons, déjà conditionnés à la "cloclomanie".

Etonnant phénomène. Depuis 1958, la France a changé. Or, figées dans leur mythe, les deux stars ont traversé la fin de la guerre d'Algérie et Mai 68, insensibles aux bouleversements sociaux ou psychologiques. Mieux, elles renouvellent sans cesse leur clientèle, en restant telles qu'en elles-mêmes... Cet été, Johnny Hallyday a retrouvé la coupe de cheveux et le style de ses débuts. Claude François, après une interruption de six mois, a rechargé ses accus et se désarticule comme un jeune homme de 20 ans.

L'explication ne peut pas tenir uniquement dans la prodigieuse mise en scène des spectacles. Sobre, chez Hallyday, qui se contente aujourd'hui de foulards lancés au public et de quelques déhanchements suggestifs; délirante, chez Claude François, qui exploite toutes les ressources du maniement des foules: lumières, couleurs, jets de chemises, de peignoirs, de boutons de manchettes, feux d'artifice et lâchers de ballons, sans oublier les sexy Claudettes, noires, brunes, blondes et rousses. Elle ne réside pas non plus dans le seul "métier". Certes, il faut avoir vu Johnny se faire loup et puma, souriant et sauvage, bestial et carnassier; Clo-Clo engueuler le public, maudire ses machinistes, insulter ses musiciens dans un numéro mi-sincère, mi-composé, digne des plus grands comédiens, pour comprendre ce que peut être leur autorité sur des fans en liesse.

Mais cela ne suffit pas. En fait, la réponse se trouve dans le public lui même. Hallyday rallie de plus en plus loulous, zonards, jeunes apprentis, ouvriers et ruraux poussés dans les banlieues bitumées ou les campagnes désertées. Marginaux, rebuts d'une société qu'ils ne peuvent contester que de façon primaire, par la violence brute. Déshérités qui n'ont pas encore goûté à la société de consommation alors même qu'elle est déjà condamnée. Et quand Johnny dit: «Je ne comprends pas qu'on vienne à mon spectacle pour se battre», il oublie l'image qu'il donne de lui-même. Pour son public, les années ne l'ont pas assagi. Il reste la grand copain casse - cou, bagarreur, amateur de vitesse, d'autos et de motos. Un double qui a su se faire accepter et réussir. Ses fans agissent avec virilité. Prêts à la castagne pendant le spectacle, ils ne le pourchassent pas dans sa vie privée, l'estiment pour avoir, contre vent et marée conservé sa femme et protégé son fils. Et, s'ils le suivent après le spectacle dans le restaurant où il va dîner, c'est pour l'aborder gentiment et discuter «relax».

Rien de tel avec Claude François, idole des femmes de 2 à 92 ans. Sa blondeur, son sourire, sa gentillesse, sa vitalité les enchantent. Cet homme-là n'est pas celui qu'elles côtoient depuis l'enfance. Il a l'air doux, tendre, il chante ses états d'âme avec sincérité, ses amours contrariées, ses bonheurs naissants. II aime les enfants - d'où la réussite de l'inévitable Le téléphone pleure - il s'entoure de femmes qui n'ont pas l'air de s'en plaindre. Un romantique et un prince charmant. Pour les midinettes, Claude François est un rêve inaccessible, un idéal masculin unique en son genre. L'espoir tabou que leur éducation les a conduites à caresser. D'où les passions qu'il suscite.

On a déjà beaucoup parlé des admiratrices plantées en permanence devant son domicile parisien. On sait moins qu'elles le suivent partout où il va. Elles viennent en stop, se privent de manger et de dormir. Elles l'assiègent, l'idolâtrent. Amour exclusif: «Jamais je n'aurai d'amant. Clo-Clo est mon roi. Je lui voue ma vie comme une religieuse à Dieu.»

«On ronge son os»

Elles se laissent aller au pire fétichisme: quand il a quitté sa loge, elles ramassent les Kleenex usagés, reniflent ses chaussettes, son slip, son costume de scène. Elles s'enivrent de ses odeurs. Elles conservent comme une relique un bout de tissu trempé de sueur. Pour lui, elles ont quitté l'école et leur famille. Certaines font la manche, d'autres se prostituent, «mais sans le tromper». Quelques-unes, désespérant de l'avoir, se suicident. Une fan qui a réussi à se faire embaucher dans son entreprise raconte comment elle se précipite, avec ses copines, sur les restes de ses repas. «On boit dans son verre, on ronge son os, on s'arrache les haricots verts que sa fourchette a effleurés...»

Lucide - «Ces filles sont là, je n'y peux rien. J'accepte avec fatalisme, c'est mon côté oriental» - Claude François se montre pourtant ambigu. On ne peut pas dire qu'il encourage cette hystérie, mais il se prête au jeu. Toujours au nom du sacro-saint principe du star-system. Il distribue baisers, sourires, et petits mots gentils. Alors que Hallyday, à la sortie du spectacle, fonce dans la foule pour lui échapper, Clo-Clo, à l'arrière de sa voiture, agit selon un rite bien huilé. Il fait baisser les vitres, prête son visage aux bouches dévorantes, ses mains aux doigts agrippeurs et jette des paquets de photos dédicacées, préparées d'avance. Bains de foule qui ressemblent à une drogue, qui le rassurent.

Et comme elles ont besoin d'être rassurées, ces idoles! A 32 et 36 ans, le succès seul ne leur suffit plus. Il y a trop longtemps que Johnny Hallyday et Claude François mènent ce cirque, tambour battant. Des chansons nouvelles, mais toujours les mêmes salles, les mêmes problèmes, les mêmes villes que l'on traverse et qu'on ne voit pas. La lassitude gagne. Pernicieuse. Certains soirs, Hallyday a l'air de s'en foutre. Il gratte sa guitare mécaniquement, chante mécaniquement. Au bout de quelques chansons, il quitte la scène. Il en a marre. A Port-de-Bouc, il y a quinze jours, sous un chapiteau étouffant, il a failli s'effondrer sur les planches. L'air était épais comme la poix, la vapeur dégoulinait du toit. II ne pouvait plus respirer, il a tenu bon. Mais, dans sa loge, affalé sur une banquette, les yeux vitreux, le souffle court, il murmurait: «Tout ça pourquoi, pourquoi? Ah! j'en ai marre».

Physiquement, il épaissit. Moralement, il se laisse gagner par le doute. Alors, il décide de tout plaquer. En septembre, il partira pour les Etats-Unis, avec Sylvie et David. Il y restera un an. Peut-être moins, peut-être plus. «En tout cas, j'oublierai Johnny Hallyday. Je serai monsieur tout le monde, je vivrai comme n'importe qui. Et je ferai de la musique...» L'idole vieillit, mais vieillit bien. Avec sagesse.

Vidé, désespéré

Sage, Claude François ne l'est pas. Sa performance physique est épuisante. Mieux qu'aucun autre, sans doute, il sait l'angoisse d'après le spectacle, lui qui avoue: «Le cinéma que je fais sur scène, ce n'est rien à côté de celui qui suit.» Ivre de sons, de lumières et de fureur, il passe chaque nuit deux ou trois heures à récupérer. Il est prêt à tout quand il sort de scène, galvanisé, électrisé. Il trépigne, se cogne la tête contre les murs, casse des objets, bouscule ses collaborateurs. Les traits tirés, les cheveux collés au visage, il passe de longs moments en transes, qui le laissent ensuite vidé et désespéré. Pour durer, il a besoin de la présence rassurante de ses fans, de ces onguents, de cette malle de médicaments qui le suit partout, de tous ces objets du culte qui peuplent ses nuits possédées. Mais jusqu'à quand tiendra-t-il? A l'aube, deux hommes usés sortent des derniers restaurants ouverts. Ils viennent de prendre leur seul vrai repas. Ils ont bu beaucoup d'alcool. Johnny Hallyday sombrera dans un sommeil plombé. Claude François connaîtra la peur nocturne. C'est l'heure où les rêves qu'ils suscitent se retournent contre eux.

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 17:07

Claude François forever, envers et contre tous

Un chanteur réhabilité


Paris 

11/03/2008 - 

Le 11 mars 1978, un stupide accident enlevait à la France un de ses symboles des années 60-70, Claude François. Trente ans plus tard, sa carrière posthume est prospère et son image singulièrement réévaluée.


 


 

Chacun le sait : la culture française a toujours séparé le savant du populaire, le raffiné du vulgaire, le "classieux" du repoussant. Et Claude François a longtemps appartenu à la mauvaise catégorie. Quand les défenseurs d’une chanson qui ne passait pas à la télévision inventèrent le Printemps de Bourges, en 1977, c’était ouvertement contre la variété à paillettes dont le parangon était Cloclo. Le petit homme virevoltant était chaque samedi soir à la télévision dans les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, sur les ondes des grandes radios périphériques, sur les sonos des quinzaines commerciales et fêtes de village…

Amoureux du spectacle plus que des mots, fou de succès plus que défenseur de l’art pour l’art, Claude François incarnait une manière de faire de la chanson qui aujourd’hui paraît désuète et même attendrissante. Mais il fut considéré longtemps, par une certaine critique et une partie du public, comme un véritable ennemi : trop de brillant, trop de sourires, trop de filles sexy autour de lui, trop peu de sens dans ses chansons.

Curieusement, il semble avoir aujourd’hui réconcilié les deux France qui s’affrontaient à son époque, celle de Guy Lux et celle de Jacques Chancel. Il n’est qu’à voir le casting de l’album Claude François, autrement dit, qui marque son adoption par une nouvelle génération de chanteurs : les plus étroites exigences du bon goût musical contemporain n’excluent plus son répertoire. 

Carrière posthume


Claude François est un artiste singulier dans l’histoire de la chanson française tant sa carrière posthume est importante. Certes, il n’est pas dans la situation de Boby Lapointe, qui n’a vraiment atteint la reconnaissance et le succès commercial qu’après sa mort.

Mais, depuis une vingtaine d’années, son Alexandrie, Alexandra figure systématiquement dans le classement annuel des titres les plus diffusés dans les night clubs français. Cette année, dans un marché du disque sinistré, il devrait parvenir à vendre encore entre 150 et 250.000 albums et 70 à 100.000 DVDs. Il est vrai que, de son premier 45 tours en 1962 jusqu’à fin 2007, il a vendu 62 millions de disques : 35 millions jusqu’à sa mort et 27 millions depuis ce 11 mars 1978 où il est mort électrocuté dans sa salle de bain à Paris.

Claude François, outre la gestion méticuleuse de son patrimoine artistique par ses fils Claude Jr et Marc, est le seul artiste français qui fait l’objet d’une stratégie de développement. Depuis seize ans, Fabien Lecœuvre gère l’image et le développement de Cloclo, avec pour credo et pour objectif commercial que "Claude François est l’Elvis Presley français". Et il est incontestable qu’il a obtenu de francs succès, à commencer par le redressement d’image du chanteur. Autrement dit : le chanteur ringard est devenu une référence branchée.

A sa mort, Claude François était en pleine réflexion sur sa carrière, son public, son avenir artistique. Et, de fait, les années 80 seront cruelles à sa génération d’artistes de variétés. La liberté sur la FM, le Top 50, l’arrivée du CD, tout conspire à ce qu’on jette aux oubliettes les chanteurs à paillettes. Les nouvelles stars – Jean-Jacques Goldman, Daniel Balavoine, Michel Berger – portent des Stan Smith, des pullovers Benetton et le jean de Monsieur Tout-le-monde. Dalida, Michel Delpech, Rika Zaraï ou Enrico Macias prennent un terrible coup de vieux devant les nouvelles stars du moment, mais aussi le souvenir de Claude François. Passée l’émotion de sa mort brutale, la presse et les médias audiovisuels bruissent pendant ces années-là de mille perfidies contre ses chansons, ses tenues de scène, ses Clodettes…

L'incarnation d'une époque


Il faudra le retour aux paillettes et les années 90 pour que l’on recommence à écouter Cloclo. Le temps du désamour est passé et, peu à peu, son étoile remonte. La génération qui a dansé sur ses chansons pendant son enfance arrive aux commandes des médias et des maisons de disques… Le phénomène Podium est une belle démonstration : le roman de Yann Moix paraît en 2002, son film suit deux ans plus tard, qui attirera quatre millions de spectateurs dans les salles françaises.

Bien sûr, le romancier et cinéaste se moque de l’époque des cols pelle-à-tarte et des Clodettes, mais avec une délectation et une tendresse qui ne laissent aucun doute sur ses goûts profonds – oui, il aime Claude François. Exemple presque diamétralement opposé, la comédie musicale Belles, belles, belles, en 2003, est un succès très relatif semble-t-il parce que les concepteurs du spectacle ont voulu réactualiser Cloclo, moderniser les chorégraphies et transporter son univers aujourd’hui. Erreur : Claude François ne vaut que parce qu’il appartient aux années 60-70, que parce qu’il incarne une période que son éloignement sans cesse croissant nous invite à fantasmer, à considérer comme le bon vieux temps de l’insouciance et de la légèreté.

Cette sensation est d’autant plus prégnante que Claude François n’est pas considéré comme d’autres grands disparus. Des dizaines de livres sont parus le concernant (dix-neuf nouveaux titres ou rééditions ces derniers mois et dans les semaines à venir) mais il n’a toujours fait l’objet d’aucune "vraie" biographie fouillée. Des dizaines de compilations et de best of sont sorties mais sa discographie n’est pas exploitée rationnellement (au contraire de celles de Jacques Brel ou Barbara). Il est vrai que ses enregistrements se partagent entre trois majors du disque : Universal de 1962 à 1972, Sony-BMG pour 1972-1975, Warner pour 1976-1978. Chacun ayant suffisamment de tubes pour nourrir de profitables compilations, il ne faut pas s’étonner que la première intégrale de Claude François (en 30 CD) ne soit annoncée que pour la rentrée prochaine. Elle devrait achever l’œuvre de réhabilitation d’un chanteur longtemps mal aimé malgré sa gloire.

Retrouver Claude François sur RFI :

Musique du monde spéciale Cloclo (Laurence Aloir)
Culture Vive : itv de Fabien Lecoeuvre, biographe officiel de claude françois, par Muriel Maalouf (2è partie de l'émission)

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 17:03
Cloclorico
A l’occasion des trente ans de la mort du chanteur à paillettes, nouvel accès d’idolâtrie.
LUDOVIC PERRIN
QUOTIDIEN : mardi 11 mars 2008 

Qui écoute Claude François ? Avec 61,7 millions de disques - chiffre de l’attaché de presse, dix fois moins selon le Snep (1) -, on connaît forcément quelqu’un dans son entourage qui le chante… Renouvelé avec le CD puis le DVD dès le milieu des années 90, l’emblème des karaokés semble retrouver un nouvel âge depuis la réhabilitation improbable des émissions en play-back des Carpentier. Et c’est sur la vague du tribute Cloclomania réalisé par Béatrice Ardisson en 2003, puis du film Podium de Yann Moix l’année suivante, que cherche à surfer l’actuel battage autour de l’idole.

Intimité. Il y a trente ans, le 11 mars 1978, Claude François faisait une sortie en triphasé. C’était la veille d’élections législatives, Libé avait titré : «Claude François : a volté». A l’époque, le culte de l’androgyne à paillettes était loin d’être acquis pour tous. Trois décennies après, les dix-neuf ouvrages de la sœur, la maîtresse, les enfants… consacrés à l’idole, et dûment promotionnés sur toutes les télés (de Drucker à Mireille Dumas) avec best-of à la clé, nous feraient presque croire que les années 60 et 70 se sont inventées avec Claude François.

Durant ses seize ans de carrière (1962-1978), alors que la musique se redéfinit entre free jazz et punk, fusion et talk over, la France n’aurait-elle vécu qu’au son de Belles, belles, belles, le Téléphone pleure, Magnolias for Ever, Alexandrie ? Plusieurs sources permettent de mieux cerner le phénomène. Il ne s’agira pas là du «week-end Claude François» organisé les 15 et 16 mars (avec une messe le samedi à Auteuil et le dimanche à Dannemois, lieu du Moulin, devenu musée-restaurant), mais d’un livre-objet et d’une conférence chantée.

L’ouvrage, tout d’abord. Concocté par les deux fils du chanteur, Claude et Marc (l’enfant caché, pour l’image auprès des fans d’éternel possible), Claude François Collection privée ouvre à l’intimité d’un artiste qui livrait ses chansons sur le mode du quotidien le plus banal (le Lundi au soleil, Comme d’habitude). Qui pouvait se montrer si tyrannique avec son entourage et si respectueux envers son public. Outre son passeport nous rappelant son mètre soixante-douze, un permis de conduire ou des contrats de scène, la reproduction de ses notes de service nous en apprend autant sur le personnage, né le 1er février 1939 à Ismaïlia et expulsé d’Egypte lors de la nationalisation du canal de Suez en 1956 - le père, français, contrôleur du trafic sur le canal.

Prémonitoire.Voici ce que notait le fils yé-yé, fondateur de son label en 1967 (les Disques Flèche) et patron de presse (relance de Podium, du magazine de charme Absolu), jouant à l’homme d’affaires avec une armada de standards téléphoniques dernier cri : «Dire à la femme de ménage que chaque soir j’enlève mes chaussures et je les laisse exprès pour qu’elle me les cire, elle ne le fait jamais. Elle ne le fait jamais. Arlette le faisait. Il faut lui dire qu’elle doit passer du cirage correspondant très précisément à la couleur. En passer une couche copieuse, laisser reposer, brosser et passer le chiffon. C’est moi qui me tape ça tous les jours ce n’est pas normal quand même.» Laissée deux mois avant la mort du chanteur, cette note apparaît comme prémonitoire du culte à entretenir. Fabien Lecœuvre, légataire de la mémoire, confirme : «Il a installé de son vivant les limites de son star system. Il a très vite compris ce qu’était une idole. Bien que tragique, sa sortie est finalement allée dans ce sens. Il demeure intact dans sa jeunesse. Contrairement à Dalida, il n’a pas eu besoin d’être remixé.»

Un tribute en japonais et un hommage par la jeune scène française accompagnent le souvenir de celui qui portait des lunettes noires en dehors de la scène parce que le regard d’une idole, ça ne se croise pas. On y trouve Adrienne Pauly, Elodie Frégé ou Alain Chamfort, seul témoin véritable pour avoir été lancé par Claude François (qui lui avait trouvé son nom d’artiste).

Standard. Polo, grand fan, aurait pu être de la partie. L’année dernière, l’ancien chanteur du groupe alternatif les Satellites donnait avec Pascal Bussy une conférence chantée sur Cloclo dans une perspective inespérée de réhabilitation. On y apprit ses 784 costumes de scène, son antenne pour capter la radio anglaise, sa peur de l’avion et des microbes (les baisers des fans), ses amendes aux musiciens et ses 400 chansons composées aux trois quarts d’adaptations (Beatles, Supremes, Bob Marley, Cat Stevens). Une propension à aborder la vie sous un angle ultrapositif qui fit l’éducation sentimentale de Polo : «De leur divorce, ou de leur vie affective, mes parents ne me disaient pas grand-chose. Je les entendais plutôt s’engueuler dans la cuisine et s’envoyer des pots de yaourt à la figure. Mais Claude, lui, m’expliquait. Pourquoi les hommes sont amoureux, et de quoi ? Où vont-ils, où veulent-ils aller ? Que font-ils de plus avec leurs maîtresses qu’avec leur femme ?»

La France (à droite toute) ne parlait pas encore bien anglais. Et cette traduction des vibrations d’un monde en cours allait bientôt trouver sa reconnaissance ultime à travers l’adaptation d’un des plus célèbres standards français : Comme d’habitude. Avec My Way, Paul Anka, Sinatra, Nina Hagen ou Sid Vicious se firent le relais du chanteur abandonné. Il traînait autour de sa piscine, France Gall l’avait quitté, la montée manquante du refrain est venue sans forcer. Seule la tristesse demeure. Claude François aurait-il pu adapter Joy Division ?

(1) Syndicat national de l’édition phonographique, habilité à certifier les disques d’or.

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 16:59
Les secrets de la carrière posthume de Claude François
Bertrand Dicale
04/03/2008 | Mise à jour : 14:31 |
.

Derrière la gloire persistante du chanteur, trente ans après sa mort, une stratégie ouvertement inspirée d'Elvis Presley.
» VIDÉO INA : Claude François «Comme d'habitude»
» VIDÉO INA : Claude François «Cette Année-là»
» Lire - Cloclo, un business «forever» qui génère des millions

A peine seize ans de carrière artistique, puis trente ans de carrière posthume: Claude François est un cas exceptionnel. À sa mort, le 11mars 1978, il avait vendu 35 millions de disques depuis la parution de Belles, belles, belles, son premier succès en 45-tours, le 27 octobre 1962. Au 31 décembre 2007, le total s'élevait à 62 millions, soit 27 millions dedisques depuis sa disparition.Dans un marché du CD dramatiquementdéprimé, ildevrait encore vendre entre 150000 et 250000 albums cette année et 70000 à 100000 DVD une performance dont rêvent la plupart des artistes français vivants.

Les deux fils du chanteur, Claude François Jr, né en 1968, et Marc François, né en 1969, ont la hautemainsur lepatrimoinedeleur père et exercent méticuleusement leur droitmoral.Mais le stratège de cette carrière posthume unique s'appelle Fabien Lecoeuvre.Officiellement, il gère depuis seize ans «la communication, l'image et le développement de Claude François». Mais, dans les faits, il se comporte comme l'imprésario ou lemanager d'un chanteur mort il y a trente ans. Il a débuté dans le métier comme attaché de presse de Karen Cheryl et n'a «rencontré Claude François que vingt-cinq fois». En 1992, il réalise pour un magazine un numéro spécialCloclo. À la parution, il reçoit un coup de téléphone de Claude François Jr. «Il m'a félicité pour le texte et engueulé pour lacouverture,un Ekta sur lequel une tache n'avait pas été effacée.Onne s'est plus quittés.»

Ouvertement,Lecoeuvre propose une stratégie aux fils François, avec la conviction qu'une carrière posthume doit être pensée avec plus de soin encore qu'une carrière «normale». La preuve, l'exemple? Elvis, disparu quelques mois avant Claude François. Lecoeuvre fait le voyage deMemphis, rencontre Vernon Presley, le père de l'idole, et les responsables d'Elvis Presley Enterprise, qui lui exposent leursméthodes. Avec la conviction que «Claude François est l'Elvis Presley français», il explique à ses enfants «comment gérer le culte de la personnalité initié par Claude lui-même.»

D'abord,ilfautredresserl'image, «qui commençait depuis quelques années à partir en vrille ». Étudiant tous les exemples de chanteurs populaires disparus, Lecoeuvre constate systématiquement «une période de désamour de sept ans». Ces années-là voient l'apogée de Jean-Jacques Goldman ou Michel Berger, stars antipaillettes qui atteignent le sommet en s'habillant comme tout le monde.

Une intégrale téléchargeable

Or, cette période passée, alors que le public de la fin des années 1980 revient vers une vision plus chatoyantedes variétés, lesmaisons de disques conservent leurs mauvaises habitudes quant à Claude François. Le dossier est d'autant plus compliqué que son catalogue est exploité par Universal pour les disques de 1962 à 1972, Sony BMG pour 1972-1975 et Warner pour 1976-1978, chaque époque permettant aux trois majors d'éditerde profitables best of.

Prenant son bâton de pèlerin, Lecoeuvre convainc les maisons de disquesd'épouser savision: «Il faut créer l'événement avec le passé.» On sort des maquettes inédites de chansons, des versions en langues étrangères, des albums dans leur présentation originale, on exploite en VHS puis en DVD les centaines de passages à la télévision de Claude François…Mais pas question de liftingoud'actualisation:«Sionessaie de lemoderniser, on le ringardise. Il était suffisamment moderne en son temps pour être hors mode. Depuis vingtans, ilnesepassepasunmariage, un baptême ou une bar-mitzva sans qu'àminuit ou une heure quelqu'un passe Alexandrie, Alexandra. Et cette chanson est dans tous les classements annuels des titres les plus diffusés endiscothèque.»

Conseiller de YannMoix pour le film Podium, Lecoeuvre est un personnage incontournable dès que l'on s'intéresse de près ou de loin à Claude François. Il apublié six livres surCloclo, sans compter ceuxqu'ila préfacéset supervisés. Ilapourprincipe «de ne jamais rien interdire, parce que chacun des témoignages est intéressant», que ce soit ceux de collaborateurs congédiés, d'anciennes maîtresses ou de «familiers» autoproclamés du chanteur. Hors les dix-neuf livres publiés ou réédités cette année, la bibliographie complète de Claude François comporte déjà soixante-seize titres! En revanche, Lecoeuvre veille avec soin sur l'image du chanteur, ayant au passage rachetédenombreux fonds photographiques sur le show-business des années 1960-1970 sept millions de clichés aucatalogue.

Son obstination va enfin permettre aux fans de toucher le Graal: en septembreparaîtral'intégralediscographique en studio de Claude François. Un coffret «trans-labels» de 30 CD en français, anglais, italien et espagnol, avec le disque des maquettes inédites d'Amoureux, le disque qu'il était censé enregistrerau cours de l'été 1978. Signe des temps, cette intégrale sera téléchargeable.

Bertrand Dicale
04/03/2008 | Mise à jour : 14:31 |
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Derrière la gloire persistante du chanteur, trente ans après sa mort, une stratégie ouvertement inspirée d'Elvis Presley.
» VIDÉO INA : Claude François «Comme d'habitude»
» VIDÉO INA : Claude François «Cette Année-là»
» Lire - Cloclo, un business «forever» qui génère des millions

A peine seize ans de carrière artistique, puis trente ans de carrière posthume: Claude François est un cas exceptionnel. À sa mort, le 11mars 1978, il avait vendu 35 millions de disques depuis la parution de Belles, belles, belles, son premier succès en 45-tours, le 27 octobre 1962. Au 31 décembre 2007, le total s'élevait à 62 millions, soit 27 millions dedisques depuis sa disparition.Dans un marché du CD dramatiquementdéprimé, ildevrait encore vendre entre 150000 et 250000 albums cette année et 70000 à 100000 DVD une performance dont rêvent la plupart des artistes français vivants.

Les deux fils du chanteur, Claude François Jr, né en 1968, et Marc François, né en 1969, ont la hautemainsur lepatrimoinedeleur père et exercent méticuleusement leur droitmoral.Mais le stratège de cette carrière posthume unique s'appelle Fabien Lecoeuvre.Officiellement, il gère depuis seize ans «la communication, l'image et le développement de Claude François». Mais, dans les faits, il se comporte comme l'imprésario ou lemanager d'un chanteur mort il y a trente ans. Il a débuté dans le métier comme attaché de presse de Karen Cheryl et n'a «rencontré Claude François que vingt-cinq fois». En 1992, il réalise pour un magazine un numéro spécialCloclo. À la parution, il reçoit un coup de téléphone de Claude François Jr. «Il m'a félicité pour le texte et engueulé pour lacouverture,un Ekta sur lequel une tache n'avait pas été effacée.Onne s'est plus quittés.»

Ouvertement,Lecoeuvre propose une stratégie aux fils François, avec la conviction qu'une carrière posthume doit être pensée avec plus de soin encore qu'une carrière «normale». La preuve, l'exemple? Elvis, disparu quelques mois avant Claude François. Lecoeuvre fait le voyage deMemphis, rencontre Vernon Presley, le père de l'idole, et les responsables d'Elvis Presley Enterprise, qui lui exposent leursméthodes. Avec la conviction que «Claude François est l'Elvis Presley français», il explique à ses enfants «comment gérer le culte de la personnalité initié par Claude lui-même.»

D'abord,ilfautredresserl'image, «qui commençait depuis quelques années à partir en vrille ». Étudiant tous les exemples de chanteurs populaires disparus, Lecoeuvre constate systématiquement «une période de désamour de sept ans». Ces années-là voient l'apogée de Jean-Jacques Goldman ou Michel Berger, stars antipaillettes qui atteignent le sommet en s'habillant comme tout le monde.

Une intégrale téléchargeable

Or, cette période passée, alors que le public de la fin des années 1980 revient vers une vision plus chatoyantedes variétés, lesmaisons de disques conservent leurs mauvaises habitudes quant à Claude François. Le dossier est d'autant plus compliqué que son catalogue est exploité par Universal pour les disques de 1962 à 1972, Sony BMG pour 1972-1975 et Warner pour 1976-1978, chaque époque permettant aux trois majors d'éditerde profitables best of.

Prenant son bâton de pèlerin, Lecoeuvre convainc les maisons de disquesd'épouser savision: «Il faut créer l'événement avec le passé.» On sort des maquettes inédites de chansons, des versions en langues étrangères, des albums dans leur présentation originale, on exploite en VHS puis en DVD les centaines de passages à la télévision de Claude François…Mais pas question de liftingoud'actualisation:«Sionessaie de lemoderniser, on le ringardise. Il était suffisamment moderne en son temps pour être hors mode. Depuis vingtans, ilnesepassepasunmariage, un baptême ou une bar-mitzva sans qu'àminuit ou une heure quelqu'un passe Alexandrie, Alexandra. Et cette chanson est dans tous les classements annuels des titres les plus diffusés endiscothèque.»

Conseiller de YannMoix pour le film Podium, Lecoeuvre est un personnage incontournable dès que l'on s'intéresse de près ou de loin à Claude François. Il apublié six livres surCloclo, sans compter ceuxqu'ila préfacéset supervisés. Ilapourprincipe «de ne jamais rien interdire, parce que chacun des témoignages est intéressant», que ce soit ceux de collaborateurs congédiés, d'anciennes maîtresses ou de «familiers» autoproclamés du chanteur. Hors les dix-neuf livres publiés ou réédités cette année, la bibliographie complète de Claude François comporte déjà soixante-seize titres! En revanche, Lecoeuvre veille avec soin sur l'image du chanteur, ayant au passage rachetédenombreux fonds photographiques sur le show-business des années 1960-1970 sept millions de clichés aucatalogue.

Son obstination va enfin permettre aux fans de toucher le Graal: en septembreparaîtral'intégralediscographique en studio de Claude François. Un coffret «trans-labels» de 30 CD en français, anglais, italien et espagnol, avec le disque des maquettes inédites d'Amoureux, le disque qu'il était censé enregistrerau cours de l'été 1978. Signe des temps, cette intégrale sera téléchargeable.

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 18:07
Claude François Paroles de Je vais à Rio Chansons de Claude François Paroles de Je viens dîner ce soir
Je veux rester seul avec toi
Imprimer la chanson Je veux rester seul avec toi de Claude François à partir d'une fenêtre en mode texte et sans publicité  :-) Envoyer le texte Je veux rester seul avec toi de Claude François à un ami Favori 
1963
© Philips/Flèche






Je ne veux pas aller danser avec toi
Je ne veux pas sortir avec toi
Je veux aller nulle part ce soir
Je veux juste rester seul avec toi
Pour une fois qu'on peut rester seuls tous les deux
Je ne veux pas gâcher notre chance
Puisque c'est mon unique soir de vacances
Je veux juste rester seul avec toi

Toute la semaine
Je prie mais j'ai peur
Maintenant que je t'ai
Je vais te serrer
De plus en plus près et de plus en plus fort

Je ne veux pas aller danser avec toi
Je ne veux pas sortir avec toi
Je ne veux même pas aller au cinéma
Je veux juste rester seul avec toi
Je ne veux même pas aller au cinéma
Je veux juste rester seul avec toi






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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 10:28
Claude François Paroles de Quand je chanterai une chanson d'amour Chansons de Claude François Paroles de Quand un bateau passe
Quand la pluie finira de tomber
Imprimer la chanson Quand la pluie finira de tomber de Claude François à partir d'une fenêtre en mode texte et sans publicité  :-) Envoyer le texte Quand la pluie finira de tomber de Claude François à un ami Favori 
Paroles: Daniel Seff. Musique: Richard Seff   1975  "Le mal aimé"
© Flèche




Je t'avais promis des vacances ensoleillées
Auprès de moi je sais
Des matins d'azur et le parfum des vergers
Que les vents dans le soir viennent nous apporter
Mais depuis trois jours la pluie tombe sans arrêt
Sur les toits et les champs
On a fait du feu dans la grande cheminée
Et l'on attend encore que vienne le beau temps.

{Refrain:}
Quand la pluie finira de tomber
Nous pourrons enfin aller marcher
Sous les grands marronniers là-bas
A l'ombre d'un verger le soir
Quand la pluie finira de tomber
Nous pourrons aller nous promener
Dans les grands champs de blé là-bas
Et l'on pourra s'aimer tous les deux bien cachés
Dans les herbes mouillées et les fleurs de l'été.

La maison est triste depuis qu'il n'y rentre plus
Un rayon de soleil
Derrière les vitres, on regarde dans la rue
Et même les jardins semblent porter le deuil
Alors je te parle de ces pays merveilleux
Où il n'y a pas de pluie
Les plages de sable où le ciel est toujours bleu
Et l'on attend encore que vienne une éclaircie.

{au Refrain}

Oui quand la pluie finira de tomber
Nous pourrons enfin aller marcher
Sous les grands marronniers là-bas
A l'ombre d'un verger le soir
Quand la pluie finira de tomber
Nous pourrons aller nous promener
Dans les grands champs de blé là-bas
Et l'on pourra s'aimer.





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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 19:07
Chante, pleure




Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Reg Guest   1968
© Philips/Flèche



Je chante, pleure
Dans ma demeure
L'hiver commence
Au ciel de France

Les feuilles tremblent
Qui me ressemblent
Les feuilles tombent
Qui me répondent

Je m'abandonne
Je démissionne
Je ne pourrai jamais
Revoir le moi de Mai

A quoi ça sert
Ce jour sans lumière
Ce vin sans couleur
Et ce feu sans chaleur
Pourquoi rester enfermé dans le musée
Les beaux jours de l'amour sont passés, passés




Je chante, pleure
Ma dernière heure
Adieu le Monde
Adieu le Monde
Adieu ma Rose
Adieu ma Rose

Je ne pourrai jamais revoir le mois de Mai





                                            





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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 19:02



Ce monde absurde
Voir la vidéo Imprimer la chanson Ce monde absurde de Claude François à partir d'une fenêtre en mode texte et sans publicité  :-) Envoyer le texte Ce monde absurde de Claude François à un ami Favori 
Paroles: Claude françois, Vline Buggy. Musique: P.F. Sloan   1965
Titre original: "Eve of destruction"
© Philips
note: adaptation de la chanson popularisée par Barry McGuire









Ecoute bien au lieu de rire
Ecoute bien ce que je vais te dire
Toi, l'homme de la terre, toi qui vis dans les champs
Crois-tu que notre monde soit devenu méchant ?
Toi, mon ami qui vis si près de la nature
Dis-moi,

{Refrain:}
Dis-moi, encore et encore et encore et encore, mon ami
Fais-moi croire que tout va bien dans ce monde

Ecoute bien au lieu de rire
Au lieu de te moquer, imagine le pire
Peux-tu lire dans mes yeux que j'ai peur de cette bombe ?
Si on presse le bouton, la Terre sera une bombe
Nous serons tous victime de l'inconscience humaine
Mais toi

{au Refrain}

Oh! écoute bien, écoute au lieu de rire
Que penses-tu du problème que je vais te décrire ?
Si le coquelicot rouge vit dans le jaune des blés
Si le blanc des nuages dort dans le noir de la nuit
Pourquoi toutes ces couleurs dans notre Société
Ne vivent-elles donc pas dans la même harmonie ?
Et c'est ce monde absurde qui se dit civilisé
Mais toi

{au Refrain}

Ecoute encore un peu ce que je veux te dire
Ecoute une dernière fois, oh, il n'y a pas de quoi rire !
Peut-être qu'à notre âge, nous réfléchissons trop
Mais tous ces satellites qui tournent tout là-haut
Ne veulent-ils pas prouver que la paix est possible
Que là-haut, les frontières ne doivent pas être visibles ?
Mais toi, mon ami qui vis si près de la nature
Dis-moi

{au Refrain}

Fais-moi croire que tout va bien dans ce monde



















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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 18:20
Claude François
HIP HIP HIP HURRAH
Paroles et musique: Serge Gainsbourg


Je pratique la politique de la femme brûlée
Je brûle toutes celles que j'ai adorées
Une seule est dans mon coeur
Pourtant s'il lui arrivait malheur
Je dirais:
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah

Je me suis dit que les romantiques ne savent que gémir
Quand une fille les fait souffrir
Elle m'a fait trop de peine
Mon amour n'est pas loin de la haine
Et je dis:
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah

Je redis:
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah

Angélique et machiavélique elle était à la fois
Un démon et un ange avec moi
Et si j'apprends demain
Qu'elle regrette et qu'elle a du chagrin
Je dirai:
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah

Oui je dirai:
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah

Je redirai:
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah

Oui je redirai:
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah
Hip hip hip hurrah


















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