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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 16:59
Les secrets de la carrière posthume de Claude François
Bertrand Dicale
04/03/2008 | Mise à jour : 14:31 |
.

Derrière la gloire persistante du chanteur, trente ans après sa mort, une stratégie ouvertement inspirée d'Elvis Presley.
» VIDÉO INA : Claude François «Comme d'habitude»
» VIDÉO INA : Claude François «Cette Année-là»
» Lire - Cloclo, un business «forever» qui génère des millions

A peine seize ans de carrière artistique, puis trente ans de carrière posthume: Claude François est un cas exceptionnel. À sa mort, le 11mars 1978, il avait vendu 35 millions de disques depuis la parution de Belles, belles, belles, son premier succès en 45-tours, le 27 octobre 1962. Au 31 décembre 2007, le total s'élevait à 62 millions, soit 27 millions dedisques depuis sa disparition.Dans un marché du CD dramatiquementdéprimé, ildevrait encore vendre entre 150000 et 250000 albums cette année et 70000 à 100000 DVD une performance dont rêvent la plupart des artistes français vivants.

Les deux fils du chanteur, Claude François Jr, né en 1968, et Marc François, né en 1969, ont la hautemainsur lepatrimoinedeleur père et exercent méticuleusement leur droitmoral.Mais le stratège de cette carrière posthume unique s'appelle Fabien Lecoeuvre.Officiellement, il gère depuis seize ans «la communication, l'image et le développement de Claude François». Mais, dans les faits, il se comporte comme l'imprésario ou lemanager d'un chanteur mort il y a trente ans. Il a débuté dans le métier comme attaché de presse de Karen Cheryl et n'a «rencontré Claude François que vingt-cinq fois». En 1992, il réalise pour un magazine un numéro spécialCloclo. À la parution, il reçoit un coup de téléphone de Claude François Jr. «Il m'a félicité pour le texte et engueulé pour lacouverture,un Ekta sur lequel une tache n'avait pas été effacée.Onne s'est plus quittés.»

Ouvertement,Lecoeuvre propose une stratégie aux fils François, avec la conviction qu'une carrière posthume doit être pensée avec plus de soin encore qu'une carrière «normale». La preuve, l'exemple? Elvis, disparu quelques mois avant Claude François. Lecoeuvre fait le voyage deMemphis, rencontre Vernon Presley, le père de l'idole, et les responsables d'Elvis Presley Enterprise, qui lui exposent leursméthodes. Avec la conviction que «Claude François est l'Elvis Presley français», il explique à ses enfants «comment gérer le culte de la personnalité initié par Claude lui-même.»

D'abord,ilfautredresserl'image, «qui commençait depuis quelques années à partir en vrille ». Étudiant tous les exemples de chanteurs populaires disparus, Lecoeuvre constate systématiquement «une période de désamour de sept ans». Ces années-là voient l'apogée de Jean-Jacques Goldman ou Michel Berger, stars antipaillettes qui atteignent le sommet en s'habillant comme tout le monde.

Une intégrale téléchargeable

Or, cette période passée, alors que le public de la fin des années 1980 revient vers une vision plus chatoyantedes variétés, lesmaisons de disques conservent leurs mauvaises habitudes quant à Claude François. Le dossier est d'autant plus compliqué que son catalogue est exploité par Universal pour les disques de 1962 à 1972, Sony BMG pour 1972-1975 et Warner pour 1976-1978, chaque époque permettant aux trois majors d'éditerde profitables best of.

Prenant son bâton de pèlerin, Lecoeuvre convainc les maisons de disquesd'épouser savision: «Il faut créer l'événement avec le passé.» On sort des maquettes inédites de chansons, des versions en langues étrangères, des albums dans leur présentation originale, on exploite en VHS puis en DVD les centaines de passages à la télévision de Claude François…Mais pas question de liftingoud'actualisation:«Sionessaie de lemoderniser, on le ringardise. Il était suffisamment moderne en son temps pour être hors mode. Depuis vingtans, ilnesepassepasunmariage, un baptême ou une bar-mitzva sans qu'àminuit ou une heure quelqu'un passe Alexandrie, Alexandra. Et cette chanson est dans tous les classements annuels des titres les plus diffusés endiscothèque.»

Conseiller de YannMoix pour le film Podium, Lecoeuvre est un personnage incontournable dès que l'on s'intéresse de près ou de loin à Claude François. Il apublié six livres surCloclo, sans compter ceuxqu'ila préfacéset supervisés. Ilapourprincipe «de ne jamais rien interdire, parce que chacun des témoignages est intéressant», que ce soit ceux de collaborateurs congédiés, d'anciennes maîtresses ou de «familiers» autoproclamés du chanteur. Hors les dix-neuf livres publiés ou réédités cette année, la bibliographie complète de Claude François comporte déjà soixante-seize titres! En revanche, Lecoeuvre veille avec soin sur l'image du chanteur, ayant au passage rachetédenombreux fonds photographiques sur le show-business des années 1960-1970 sept millions de clichés aucatalogue.

Son obstination va enfin permettre aux fans de toucher le Graal: en septembreparaîtral'intégralediscographique en studio de Claude François. Un coffret «trans-labels» de 30 CD en français, anglais, italien et espagnol, avec le disque des maquettes inédites d'Amoureux, le disque qu'il était censé enregistrerau cours de l'été 1978. Signe des temps, cette intégrale sera téléchargeable.

Bertrand Dicale
04/03/2008 | Mise à jour : 14:31 |
Commentaires 31
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Derrière la gloire persistante du chanteur, trente ans après sa mort, une stratégie ouvertement inspirée d'Elvis Presley.
» VIDÉO INA : Claude François «Comme d'habitude»
» VIDÉO INA : Claude François «Cette Année-là»
» Lire - Cloclo, un business «forever» qui génère des millions

A peine seize ans de carrière artistique, puis trente ans de carrière posthume: Claude François est un cas exceptionnel. À sa mort, le 11mars 1978, il avait vendu 35 millions de disques depuis la parution de Belles, belles, belles, son premier succès en 45-tours, le 27 octobre 1962. Au 31 décembre 2007, le total s'élevait à 62 millions, soit 27 millions dedisques depuis sa disparition.Dans un marché du CD dramatiquementdéprimé, ildevrait encore vendre entre 150000 et 250000 albums cette année et 70000 à 100000 DVD une performance dont rêvent la plupart des artistes français vivants.

Les deux fils du chanteur, Claude François Jr, né en 1968, et Marc François, né en 1969, ont la hautemainsur lepatrimoinedeleur père et exercent méticuleusement leur droitmoral.Mais le stratège de cette carrière posthume unique s'appelle Fabien Lecoeuvre.Officiellement, il gère depuis seize ans «la communication, l'image et le développement de Claude François». Mais, dans les faits, il se comporte comme l'imprésario ou lemanager d'un chanteur mort il y a trente ans. Il a débuté dans le métier comme attaché de presse de Karen Cheryl et n'a «rencontré Claude François que vingt-cinq fois». En 1992, il réalise pour un magazine un numéro spécialCloclo. À la parution, il reçoit un coup de téléphone de Claude François Jr. «Il m'a félicité pour le texte et engueulé pour lacouverture,un Ekta sur lequel une tache n'avait pas été effacée.Onne s'est plus quittés.»

Ouvertement,Lecoeuvre propose une stratégie aux fils François, avec la conviction qu'une carrière posthume doit être pensée avec plus de soin encore qu'une carrière «normale». La preuve, l'exemple? Elvis, disparu quelques mois avant Claude François. Lecoeuvre fait le voyage deMemphis, rencontre Vernon Presley, le père de l'idole, et les responsables d'Elvis Presley Enterprise, qui lui exposent leursméthodes. Avec la conviction que «Claude François est l'Elvis Presley français», il explique à ses enfants «comment gérer le culte de la personnalité initié par Claude lui-même.»

D'abord,ilfautredresserl'image, «qui commençait depuis quelques années à partir en vrille ». Étudiant tous les exemples de chanteurs populaires disparus, Lecoeuvre constate systématiquement «une période de désamour de sept ans». Ces années-là voient l'apogée de Jean-Jacques Goldman ou Michel Berger, stars antipaillettes qui atteignent le sommet en s'habillant comme tout le monde.

Une intégrale téléchargeable

Or, cette période passée, alors que le public de la fin des années 1980 revient vers une vision plus chatoyantedes variétés, lesmaisons de disques conservent leurs mauvaises habitudes quant à Claude François. Le dossier est d'autant plus compliqué que son catalogue est exploité par Universal pour les disques de 1962 à 1972, Sony BMG pour 1972-1975 et Warner pour 1976-1978, chaque époque permettant aux trois majors d'éditerde profitables best of.

Prenant son bâton de pèlerin, Lecoeuvre convainc les maisons de disquesd'épouser savision: «Il faut créer l'événement avec le passé.» On sort des maquettes inédites de chansons, des versions en langues étrangères, des albums dans leur présentation originale, on exploite en VHS puis en DVD les centaines de passages à la télévision de Claude François…Mais pas question de liftingoud'actualisation:«Sionessaie de lemoderniser, on le ringardise. Il était suffisamment moderne en son temps pour être hors mode. Depuis vingtans, ilnesepassepasunmariage, un baptême ou une bar-mitzva sans qu'àminuit ou une heure quelqu'un passe Alexandrie, Alexandra. Et cette chanson est dans tous les classements annuels des titres les plus diffusés endiscothèque.»

Conseiller de YannMoix pour le film Podium, Lecoeuvre est un personnage incontournable dès que l'on s'intéresse de près ou de loin à Claude François. Il apublié six livres surCloclo, sans compter ceuxqu'ila préfacéset supervisés. Ilapourprincipe «de ne jamais rien interdire, parce que chacun des témoignages est intéressant», que ce soit ceux de collaborateurs congédiés, d'anciennes maîtresses ou de «familiers» autoproclamés du chanteur. Hors les dix-neuf livres publiés ou réédités cette année, la bibliographie complète de Claude François comporte déjà soixante-seize titres! En revanche, Lecoeuvre veille avec soin sur l'image du chanteur, ayant au passage rachetédenombreux fonds photographiques sur le show-business des années 1960-1970 sept millions de clichés aucatalogue.

Son obstination va enfin permettre aux fans de toucher le Graal: en septembreparaîtral'intégralediscographique en studio de Claude François. Un coffret «trans-labels» de 30 CD en français, anglais, italien et espagnol, avec le disque des maquettes inédites d'Amoureux, le disque qu'il était censé enregistrerau cours de l'été 1978. Signe des temps, cette intégrale sera téléchargeable.

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